Un printemps sans liberté




Irada 20.04.2020 11:00 304


Le printemps frappe à nos portes et traditionnellement les Algériens accueillent cette saison avec impatience pour revivre les coutumes et rituels, se permettre des vacances en famille et admirer la beauté du pays sous ses diverses couleurs et splendeurs. Pour les militants, le printemps, leurs rappels les luttes et les sacrifices du double printemps 1980 et 2001, un moment d’une forte symbolique pour renouveler le serment et pérenniser la mémoire, la lutte et le combat démocratique.

Dans le temps, ses dates symboliques sont commémorées par les citoyens pour rappeler à la jeunesse les origines, les lignes et la bravoure des hommes qui ont mené et réussi un combat identitaire et démocratique en bravant et brisant la chape de plomb de la dictature et de la tyrannie.

On a eu des printemps merveilleux, mais celui de cette année, arrive dans un contexte particulier et triste marqué par la propagation d’une pandémie qui préoccupe les états nations et inquiète les peuples. Cette année, les algériens ne fêteront pas leur printemps, encore moins celui du 40 anniversaire du printemps Berbère.

Cette crise apparue en Chine gagne du terrain et se propage dans plusieurs régions, vues recourir à un confinement partiel. En toute conscience des dangers de la nouvelle situation, beaucoup d'activités politiques, sportives, associatives et citoyennes sont suspendues pour préserver la santé publique des risques d'une propagation exponentielle du coronavirus Covid-19. Malgré ce nouvel ordre, la société Algérienne maintient son dynamisme et organise des compagnes de sensibilisation, de prévention et de solidarité.

Avril refleurit et la vie exige des changements, les enfants et les enseignants quittent l'école, les commerçants abandonnent leurs activités, les citoyens renoncent à leurs habitudes sociales, les villes perdent leur beauté et les femmes et les jeunes résistent aux faits. Subitement, les Algériens sont privés de leur liberté, voir contraints de rester chez eux, confinés, et forcés de se soumettre aux nouvelles exigences pour préserver leurs vies. C'est étonnant, tout ressemble à des prisons à ciel ouvert !

Pendant ce printemps, les martyres de la démocratie, des droits de l'homme et du combat Amazighe n'auront pas droit à des hommages, les détenus politiques et d'opinions, n'auront pas la liberté et le droit de voir le soleil rayonner dans leurs fenêtres, et la presse libre sera muselée et interdite de faire entendre la voix de ceux qui n'ont pas de voix.

Cette année, les hirondelles de : Sofian MERRAKCHI , Brahim DAOUADJI , Karim TABOU, de Abdelouhab FERSAOUI et de Khaled DRARENI ne feront pas le printemps. Les foyers, les familles et les lieux où ces hommes pensent trouver un repos ne goûteraient pas à l’adversité, la réussite et la pluie de ce temps, sans doute, leur attente d'un amour, d'un printemps est toujours comblée par des reflets plus joyeux au pâle soleil d’Avril.

Le printemps de 2020, sera celui des peines, des chagrins et des inquiétudes, un printemps qui cache encore les effets de la double crise sanitaire et politique dans notre pays. Ce printemps, n’est ni Berbère, ni noir.

Déjà les beaux jours s’évadent, et les Algériens résistent, innovent, s'engagent et se solidarisent pour vivre la joie, oublier les souffrances et semer l'espoir et permettre à notre pays de rester debout. Après tout, le peuple poursuit autrement sa marche pour la dignité et la liberté dans un moment où la joie de vivre se mêle à la tristesse.

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